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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 11:16

L'éternel débat des baroqueux !! Le compositeur cul , ou Johann Adolf Hasse avec l'aria "Parto Qual Pastorello" de l'opéra Artaserse. Composé pour et chanté par Carlo Broschi dit Il Farinelli (10 ans de ma vie pour n'entendre qu'1h de la voix des Dieux et connaitre un orgasme auditif... sniff sniff...). C'est tout de même mieux que l'éternel "Son Qual nave" dont on nous rabat les oreilles et d'une nullité musicale sans bornes.

A l'origine nous avons une ligne vocale vertigineuse qui navigue entre les notes sombres du contralto et la légèreté des notes du soprano, prenant ainsi toute l'étendue vocale du Farinelli (do2 -> ré5). Comme beaucoup d'airs baroques, si l'on en s'en tient à une juste reconstitution, c'est tout bonnement inchantable; aucune chanteuse n'a une telle étendue vocale, aucun chanteur non plus (encore moins dirais-je). Tout est affaire de compromis, non de vérité historique et c'est là où le bas blesse, re sniff sniff.

Avec Vivica Génaux, nous avons des aigus fabuleusement agiles, c'est léger, rapide mais aucun grave ou si peu, pas vertigineux du tout: une enfilade de trilles !! Cela en deviendrait presque plat et ennuyeux. Même "la mise de voix" du début de l'aria est "petit bras".

Avec Franco Fagioli, nous avons une transposition (contralto - ténor): des aigus et des graves profondes (le fameux vertige auditif)  mais franchement la qualité de la voix de tête (aigus) laisse à désirer (un rien aigre), on a cependant une reconsitution de ce qui berçait les spectateurs du XVIIIe siècle. On a l'essence même du bel canto: l'ombre et la lumière, le grave ET l'aigu.

Au final, à chacun d'apprécier... j'ai quand même une préférence pour la deuxième interprétation : cela a au moins le mérite de suprendre un peu, d'être original à défaut d'être esthétique.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:00

Ce qui restera à jamais à un Wolfgang est son espièglerie (ce qui le lie à un Rossini); derrière chaque note se cache un sourire, une moquerie, un clin d'oeil, une malice, un p'tit truc scintillant parfois indéfinissable mais amusant ("l'humour est la politesse du désespoir" écrivait Molière, cette façon de rire de tout en se riant au final de la mort elle-même, qui viendra le cueillir jeune, seule à vaincre, seule à nous rappeler la vacuité du monde et sa médiocrité - "La mort ? La seule et vraie amie de l'homme" dixit Mozart lui-même) !

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Aria Dove sono I Bei Momenti de la comtesse (Où Sont les Bons Moments - peuchère, elle a un mari volage) des Noces de Figaro. Mozart ne serait pas un compositeur baroque ! Ben voyons... rebelle, certes mais complétement baroque ! Au final, il n'a qu'un seul défaut (de taille quand même), se répéter énormément au fil de ses partitions (ce qui me fera toujours préférer un Haendel - c'est autre chose tout de même). Voici un air complétement intéressant et très mozartien. Comment se plier aux régles du baroque avec son da capo tout en y ajoutant sa p'tite touche personnelle (quel orgueil ce Wolfgang). Et bien inverser le da capo et écrire un aria dont la structure est A-A-B. Encore fallait-il y penser et oser ! Si le da capo est inversé, il n'en ai pas moins conforme à cette autre règle inéluctable: en remettre une couche, autrement dit, certes on répète le même motif musical depuis le début mais on le chante différement, SURTOUT on le chante autrement !

Cette façon adorable de conduire la ligne vocale comme une longue série de soupirs, avec une contrainte au niveau de la taille (corset) et un bon décolleté laissant paraitre la détresse des 2 poumons (pauvres orphelins en demande de réconfort LOL), c'est encore plus sensuel et délicieux !

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 11:30

Un ch'tit billet musicale, niark niark niark (laissons les fourmis DORMIR) !!!

Pallido Il Sole de Hasse (un compositeur qui écrivit de forts belles pages musicales). Aria dit da capo (comme d'hab'), structure de type A-B-A (da capo = depuis le début, puisque le compositeur écrivait à la fin de la partition retranscivant les morceaux A et B "da capo" afin d'économiser du papier - façon de dire aussi au chanteur "démerde-toi" ou "tu connais le job, reprends le morceau depuis le début en l'ornementant à ton aise et montre que tu sais chanter"). Je vous file 2 versions.

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La première est, on va dire, très académique ou classique avec Andreas Scholl (contre-ténor). Il a certes une belle voix, c'est une pointure (l'école allemande empreinte de rigueur), mais à trop respecter la partition, à si peu ressentir et faire "partager" les choses, il en est souvent ennuyeux. Avoir une belle voix ne suffit pas à faire frémir d'émotion ce qui sommeille en nous (vraie vocation de l'art musicale ?). Ce n'est pas aux oreilles qu'il faut s'adresser mais au coeur et le chemin est sinueux...

La seconde version est plus débridée, je dirais presque que c'est un petit cours d'ornementation. Le chanteur (qui ? Je ne sais pas...) "improvise" (non sans  s'être entrainer avant - répétitions) avec des ornements de son choix (ils ne sont pas écrits, rappelons-le) sur le da capo. C'est tout simplement une merveille d'interprétation. Autant la voix du chanteur n'a rien d'extraordinaire, pour ne pas dire que c'est assez moyen, autant l'originalité de l'approche de l'aria est surprenante. Elle donne envie de l'écouter encore et encore...

Voilà résumé ce qui fera la différence entre l'ère baroque et l'ère romantique. Dans la première ère, le chanteur est roi, c'est lui la star qu'on vient écouter, il improvise, ornemente (exhibitionnisme vocale diront les détracteurs - certains aria, entre de grandes voix, ne seront que des supports à vocaliser). Dans la deuxième ère, c'est le compositeur qui est roi, le chanteur n'est qu'un interprète, un instrument parmi d'autres (revanche des compositeurs ?), il se doit de respecter la partition écrite (pure respect de l'intégrité artistique d'une oeuvre diront les autres). Où est la vérité ?! Entre les 2, mon coeur ne balance pas ! Si chanter c'est ânoné une partition mille fois entendue, cela ne présente que peu d'intérêt et cela lasse très vite ! Si chanter c'est faire écouter les mille et uns trésors d'une partition, faire ressortir ses nuances, arbitrer un choix artistique, je dis BANCO. Je ne veux pas entendre, je veux écouter :-) !

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 10:32

Cela faisait un p'tit moment que je n'avais pas fait de billet musical et là, inspiration du moment (cela se combine parfois bizarre là haut), jen fais un et TOC !

Pour situer (rappel, je crois que je l'ai déjà écrit). La noblesse anglaise décide d'embêter le roi et donc son compositeur officiel le Sir Haendel (il valait mieux se battre par opéra interposés que de lever des armées, ce qu'on fait les italiens pendant des sicèles - cela ne coutait pas forcément moins cher, mais c'était moins engageant et quel régale artistique pour la postérité). On fait venir le compositeur Porpora, on débouche Il Senesino de chez Haendel et on fait venir Il Farinelli d'Italie. L'opéra de Haendel fait faillite. Pas décidé à se laisser faire, Haendel fait venir Il Caffarelli et fait jouer Serse en 1738. L'opéra fait un bide et Haendel se retire plus ou moins de la vie musciale. Pour la petite histoire, après leur passage respectif en Angleterre, Il Farinelli choisit l'Espagne où il devient 1er ministre de 2 rois successifs. Quant à Il Caffarelli, il part pour le Portugal où il échappe de peu à la mort: un terrible tremblement de terre rasera Lisbonne et du même coup éliminera le Portugal de la scène politique et économique européenne (les joies du centralisme: supprimez la capitale, le pays n'existe plus - et pour le coup, le Portugal ne s'en relèvera pas). Pourquoi le sort n'aurait-il pas gâté le divin et modeste Farinelli et moins gâté l'orgueilleux et capricieux Caffarelli ? Au XVIIIe siècle, le débat restera entier pour savoir lequel des deux était le plus grand chanteur de son temps.

 

Deux aria assez différents de l'empereur Xerxès/Serse:

Crude Furie degli Orridi Abissi: un grand classique des airs dits de bravoure où les prouesses vocales sont de mises. Toujours les mêmes règles avec le Da Capo (structure de l'air A - B - A) suivant un crescendo vocale destiné à tenir l'auditeur en haleine; toujours plus de vocalises. Chaque partie se finit par des moments appelés cadence où l'orchestre s'arrête plus ou moins pour laisser libre court à l'imagination du chanteur (improvisation). Joyce DiDonato s'en sort plutôt bien, sauf dans les graves. C'est un choix difficile à arbitrer : faut-il favoriser les aigus ou les graves ? Il est tout de même plus facile de faire des acrobaties avec des aigus, c'est ainsi.

Ombra Mai Fu: difficile de faire plus classique, que dis-je, un tube du XVIIIe encore dans les bacs ;o)). Ceci n'est pas un air romantique mais comique (il est vrai qu'il appartient à la mise en scène de faire ressortir le "ridicule" de la situation, pas à la voix - dans le cas contraire, ce serait redondant et gâcherait), l'empereur Xerxès déclamant sa flamme à l'ombre d'un arbre (curieux objet amoureux) !!! C'est le divin Gérard Lesne qui s'y colle avec sa voix sombre et ronde de contralto masculin.

Comme vous pouvez le constater, pour un même rôle, on a un air dans les aigus (soprano) et un autre dans les graves (contralto) car l'étendue vocale des castrats était vertigineuse (touchant jusqu'à 4 octaves contre maximum 2 et demi aujourd'hui), inégalable et inégalé. Il y a des petits rouages du temps qu'on ne peut pas inverser et il serait inconcevable aujourd'hui de, comme on l'écrivait déjà au XVIIIe siècle: "mutiler un homme pour le plaisir des gens voluptueux".  Tout est donc affaire de compromis, il n'y a pas de vérité. Aucune interprétation n'est plus légitime qu'une autre (contre-ténor ou soprano), la vérité se situe plus dans l'appréciation que chacun peut en avoir à l'image de la musique, art éphémère par excellence; sitôt produite, une note disparait de l'espace temps et ce ne sont que ces disparitions successives qui plongeant dans notre cerveau ou nos coeurs crée le moment musicale: une illusion ?!

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 00:01

Une page sans un billet musical, cela ne le fait pas !! C'est long mais c'est bon putaingue !

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Gérard Lesne: la plus belle voix de contre-ténor (contralto masculin) de tout le continent, et c'est un français. Timbre rond, chaud... et quelle maitrise des affetti ("miaulement" en demi teinte), de la voix de masque/mixte qui permet de descendre dans les graves avec harmonie etc. Vraiment que du bonheur. Je n'entends pas trop la relève pour l'instant car malheureusement, le Gérard est un peu âgé maintenant. On ne chante pas de 7 à 77 ans. Pour faire raccourci (comme d'hab' hein), en lyrisme, la voix connait son apogée à 30 ans et décline à partir de 40 ans. Hormis si on s'appelle Pavarotti et qu'on utilise micro et marketing (ce n'est plus du classique, ce n'est que du business), il faut s'arrêter. Allez expliquer cela à la Dessay (la pente est vachement raide !!) "ma voix a changé" dixit la soprane, mon fion choupette, elle se barre, c'est tout.

Antonio Caldara: encore de la musique italienne et encore de la cantate ! J'aime trop cette pseudo proximité que crée ce genre intimiste, un peu comme si le chanteur ne s'adressait qu'à vous (avec un peu d'orgueil, cela le fait tout seul) et ne susurait ces notes suaves et mélancoliques qu'à votre coeur. Le morceau est composé de: un récitatif, puis un air, puis un autre récitatif et au final un autre aria.Le premier air est joyeux, buccolique; ça pue la campagne. Dans le plus pure style naturaliste (comme Vivaldi et ses Quatre Saisons). J'en conviens, c'est un peu niais/naïf: quelle extase d'être au bord du petit ruisseau avec les petites fleurs et le petit Zéphir amoureux parmis ce monde enchanteur. Le deuxième air est plus sombre. On a donc ainsi, la lumière et l'ombre, la joie et la peine et vous pouvez multiplier à l'envie !

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 00:01
Ach mein Got !!! La Turquie était très exotique au XVIIIe siècle et inspirait LOL. Pas que, elle guerroyait aux portes de l'Europe; contre la république de Venise (vue sa décrépitude financière, les forces navales turques étaient vraiment chétives pour se laisser contenir - surtout avec 6 mois de carnaval par an où, hormis s'amuser et écouter de l'opera, on ne faisait pas grand chose, ne disait-on pas alors que Farinelli chantait: "on est si entesté de celui-là, que si les trucs étaient dans le golf, on les laisserait débarquer pour ne pas perdre deux ariettes" !) puis contre l'empire austro-hongrois (une autre paire de manche, sur terre, les troupes turques avaient de quoi faire frémir). Au final, c'est l'Allemagne qui en fera une colonie et plus tard, les pays de l'est qui feront le "tampon religieux" (et c'est l'ex Yougoslavie qui en a payé l'addition récemment). Cela me fait rire quand on découvre la complexité de la construction européenne, comme si c'était nouveau; les éléments de rassemblement étant aussi nombreux que les éléments de discordes (ce qui fait notre richesse) !!!! Bref...
Die Entfuhrung Aus Dem Serail (L'Enlèvement Au Sérail): tentative de Mozart d'implanter une "musique nationaliste" pour ce qui est du profane, le religieux est un tout autre domaine (ce que fera Louis XIV avec la tragédie lyrique; isolant la France et lui faisant acquérir quelques décennies de retard en ce domaine) donc en langue allemande dans un monde musical italianisant. A noter que si Mozart cherche à innover, il n'en oublie pas moins ce qui faisait le succès des chanteurs italiens: ici, le personnage de Constance (une quiche absolue) va chercher des graves (de toute façon en voix éteinte - le soprano lyrique chez la femme est le registre le moins étendu - vous vous amuserez à chercher ce qui relève de la voix de tête et de la voix de proitrine) créant une illusion d'ambitus vocale conséquent. Aux oreilles du public autrichien averti, devait encore raisonner les 4 octaves d'un Farinelli. Les phrases musicales aussi sont très longues surtout vers la fin de l'air, le moins que l'on puisse dire et qu'il faille du souffle (là les chanteuses se cassent moins la tête, du moins la voix et pour certaines respirent à tout va). Échec, la domination italienne restera !! L'Autriche possède le royaume de Naples où seront les 3 conservatoires qui formeront les grands castrats italiens qui inonderont l'Europe (du Portugal jusqu'en Russie), elle résistera et restera catholique romaine donc avec des liens forts avec l'Italie, siège du Vatican ! Il faudra attendre un Wagner (mais non quittons l'Autriche pour la très protestante Allemagne, presque une autre culture et nous quittons le XVIIIe siècle) pour avoir de la "vraie" musique allemande, du moins en langue allemande (BEURK), cette même musique qui annoncera au final le facisme en Europe, insidieusement mais surement. Politique/religion et art, un sacré ménage !!! Du moins, le troisième révélant les deux premières, comme un écho pas toujours très enchanteur.
Et pour conclure ce petit moment musicale, cela m'amuse fort, et rester dans la même veine intellectuelle, un dernier morceau, "O Fortuna" de l'oeuvre Carmina Burana (1933 si je ne m'abuse) du munichois Carl Orff. Dixit la pub "mais que reste-il au rock ? Certes, c'est magistrale, en latin, mais Orff était tout de même membre du célèbre partie nazi, ami d'Hitler et compositeur officiel du troisième Reich. Il ne fut pas vraiment inquiéter à la fin de la guerre (on pardonne beaucoup aux artistes, cela ne date pas d'hier) mais le troisième volet de cette trilogie lyrique/musicale, dont fait partie Carmina Burana, n'existe quasiment plus (aux oubliettes !). C'est le boycott intégral. Ceci dit, ce n'est pas une grosse perte...

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 00:01

On commence par un petit air naturaliste (première vidéo) comme on en raffolait au début de XVIIIe siècle, une ode à cette famuleuse intriguante dame Nature dont on commençait seulement à percer quelques secrets et bien entendu, c'est le maestro Vivaldi qui s'y colle (le compositeur des Quattro Stagioni - 4 saisons). C'est un peu un air thé glacé qu'on savoure en plein soleil comme quelque chose de rafraichissant. Farfalla en italien signifie papillon, farfalleta un petit papillon. Que ce soit en français ou en italien (encore plus avec cette langue), rien qu'à l'audition du mot (consonances donc répétition de sons), on visualise les mouvements d'ailes de l'insecte qui voltige délicieusement dans les airs, rajoutez des vocalises et le tour est joué. On appelle cela une correspondance: les sonorités du mot farfalleta induisent le mouvement (comme le soleil induit une correspondance de couleur, le jaune, ou une correspondance d'effet, la chaleur).

C'est Randall Wong qui s'y colle. Selon la terminologie des siècles passés (surtout XVe et XVIe), il est sopraniste artificiel (par opposition au castrat qui est lui sopraniste naturel). La différenciation est d'autant plus mince que, quelque soit celui/celle qui chante (homme, femme, castrat), le registre se fait de toute manière en voix de tête. Techniquement, un homme pubère peut tout à fait produire des notes de soprano, chanter c'est autre chose, autrement dit articuler ces notes va être problèmatique. Deux soucis majeurs: (on va s'affranchir des soucis d'esthétisme)

  • les contraintes sur les cordes vocales vont être très importantes (il faut les serrer - l'homme a des cordes vocales plus épaisses et longues que celle d'une femme), les changements de notes vont donc être un rien chaotique (agilité et fluidité ne seront pas de mise)
  • les cordes vocales sont basses dans le larynx (puisqu'elles descendent lors de la puberté - mue), plus basse chez l'homme que chez la femme, donc éloignées de la cavité de résonnance utilisée, la tête donc le son sera peu puissant

Randall est asiatique, donc il a un petit organe (!!!), cordes vocales j'entends (bande d'esprits mal tournés). Il a une voix naturellement grave mais en voix de tête la petitesse de ses cordes vocales lui permet d'articuler les notes avec aisance. Cependant, comme tout homme, ses cordes vocales sont basses dans le larynx donc le volume de la voix est relativement faible (ou alors il faut pousser pour augmenter la puissance et cela deviendrait strident). C'est original, sympathique, surprenant mais pas très intéressante lyriquement parlant. Il produit les mêmes effets qu'une femme soprano, la puissance vocale en moins. Ici il est accompagné au clavecin (machine à clous dirait un pote - l'ancêtre du piano) donc cela va, rajouter un orchestre et on ne l'entendrait plus du tout. Contrairement à un contre-ténor (qui est, grosso modo, deux octaves plus bas) il ne peut pas prendre appui sur la voix de poitrine pour les graves, l'écart soprano/ténor est trop grand, cela détimbrerait.

 

Cela n'a pas gêné un Aris christofellis en son temps (voix affreusement acide malgré une technique irréprochable - je vous mets la vidéo plus pour le fun que pour l'intérêt lyrique - ça couine grave !!) de juxaposer des notes de soprano avec des notes de ténor pour jouer au grand castrat à l'étendue vocale faramineuse (farinelleuse LOL): c'est assez affreux, surprenant mais abominable à l'oreille. Il a un contre-ut assez tueur (mes typams putain !!!). A l'écoute d'Aris, on comprend pourquoi au XVe siècle le pape élimina toutes les sopranistes artificiels au profit de sopranistes naturels et qu'on castra à tour de bras pour les obtenir, et ancra ainsi une pratique musicale (et une monstruosité humaine) pendant plus de trois siècles.

 

Et puis le mystère absolu de Patrick Husson... alors là... je ne voudrais pas être méchant mais je pense qu'il y a eu un petit raté niveau mue (une histoire d'hormones) ! Il a gardé un quelque chose de la voix d'un enfant (voix parlé) et a donc une voix de tête de soprano "femme", on n'est plus vraiment dans le sopraniste artificiel. Dommage qu'il ne sache pas vraiment chanter (il a dû se manger un bon paquet d'a priori alors qu'à la base il a un aigu sonore, puissant et très beau, bien formé, sa voix aurait pu être une vraie tuerie), ce qui fait qu'au final, c'est peu exploitable. Et en plus, maintenant c'est trop tard ! Pour ce qui est de l'articulation des notes (ici ce n'est pas l'objet de l'extrait) il est (était !) globalement peu doué, pour ne pas dire qu'il galèrait.

Randall Wong Aris Christofellis  Patrick Husson

Les uns et mille mystères de la voix humaine ! Qu'est-ce qui relève de l'artificiel et du naturel... chanter n'ayant rien de naturel (puisque c'est un long apprentissage - quelques 10 ans pour un chanteur lyrique digne de ce nom), est-ce important ?

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 00:11

Deux façons différentes d'exprimer la longueur, donc deux exercices de style différents, mais avec le sacro-saint principe du da capo (variations vocales sur la repise pour mémoire) et les cadences !

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Quel passagier son io de Vivaldi, cantate pour contr'alto (ici contre-ténor). Nous sommes dans l'intimiste, chaque note est ciselée pour exprimer les différentes nuances de l'affliction, comme les mille et une facette (et ses reflets) d'une pierre précieuse. J'adore; c'est doux et suave, cela caresse comme le ronronnement d'un chat dans le cou. Le mot crudeltà du dernier vers est une vraie saloperie (comme l'est pietà); l'accent tonique se porte sur la dernière syllabe or il ne peut y avoir d'ornementation sur la dernière syllabe. Entre règle linguistique et règle musicale, il y a un ch'tit schmilblick.

Le voyageur que je suis/Cherche en toi/Ma belle, amour et foi/Ne trouve, oh mon Dieu/Que rigueur et cruauté. Et toujours croyant en toi, Irène/Ma belle adversité/J'espère qu'un jour/Moins orgueilleuse et rieuse/Tu auras pitié de ma peine...


Scherza infida de Haendel, opéra Ariodante composé pour Giovanni Carestini (contr'alto castrato - mezzo-soprano serait plus exacte, c'est un débat sans fin tant l'ambitus vocal des chanteurs était important, je n'y reviens pas). C'est assez célébrimissime comme air, comme la plupart de ceux d'Händel d'ailleurs et comme l'était aussi Carestini, l'une des grandes voix du XVIIIe siècle. Même si nous sommes dans la longueur, c'est un air d'opéra où la puissance est plus de mise que pour la cantate. Entre le salon même imposant d'un vaste demeure (pour le premier air) et la scène d'un opéra (pour le second), le volume n'est pas le même (!!!), l'acoustique non plus. L'orchestration est aussi plus fournie à l'opéra. Merci à la chanteuse (Ann Hallenberg) pour cette très belle cadence finale, cela compence les autres cadences qu'elle ne fait pas  (silences musicaux non remplis vocalement parlant). Je vous rapelle que les cadences sont des espaces de liberté laissés au chanteur pour faire montre de son savoir vocal (exhibitionnisme critiqueront les uns - vrai savoir musical indiqueront les autres puisqu'il fallait improviser en respectant la musicalité de l'air). Même haendel qui se "battait" avec son chanteur de prédilection, il Senesino (ils s'engueulaient souvent), pour que les improvisations respectent son oeuvre, se plia tout de même à l'écriture de cadences. Le XIXe siècle et l'ère romantique supprimera ce genre de fantaisies. Après le chanteur roi, le compositeur roi...

Plaisante, infidèle, dans les bras de ton amant/Et moi, trahi, je m'en vais me jeter/par ta faute, dans les bras de la mort/Mais pour ta peine je reviendrai,/En ombre mélancolique, en simple esprit/Briser ce lien infâme.

Et pour ceux qui lisent l'italien:

Quel passagier son io
che vo cercando in te,
mia bella, amore e fé,
e sol ritrovo, oh Dio,
rigore e crudeltà.

E pur costante, Irene,
bella nemica mia,
men orgogliosa e ria,
spero che di mie pene
un giorno avrai pietà

Scherza infida in grembo al drudo,

io tradito a morte in braccio

per tua colpa ora men vo.

Mà a spezzar l'indegno laccio,

ombra mesta e spirto ignudo,

per tua pena io tornerò

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 00:01

Cela manquait un peu de zic par ici (niark niark niark !!), non ?

Don Giovanni, (l'avant) dernier opéra de Mozart et surement le meilleur avec le "premier" (Les Nozze Di Figaro). On retrouve le même usage de personnages qui sont des domestiques mais un brin rebelles et sont placés au centre de l'opéra (exist le super héro mythologique incarné par le castrat). Révoltionnaire ? Pas vraiment, le librettiste (auteur du texte de l'opéra si vous préférez) Da Ponte, n'a rien fait de moins que de s'inspirer de la littérautre en vogue à l'époque, annonciatrice de quelques changements d'ordre politique (chute de l'aristocratie au profit de la bourgeoisie - la peste contre le choléra au final). Comme toujours avec Mozart, rien n'est jamais simple. On a un opéra sérieux (opera seria) avec ses codes (plus ou moins selon les moments) mais qui emprunte aussi à l'opéra bouffe et annonce l'opéra romantique (annonce seulement, Mozart n'est ni Verdi, ni Wagner). Bref...

Air de Leporello Madamina, Il Catalogo E' Questo (ma petite dame, la liste est la suivante): le domestique de Don Juan fait la liste des conquêtes de son maitre et la catalogue est fourni !!!! La petite, la grosse, la maigre, la blonde, la brune, la jeune et la vieille, en Espagne, en France et en Turquie etc (c'est plus délicieux en italien, surtout dans les sonorités). En fin de compte (derniers vers), quelque soit la dame "purché porti la gonnella, voi sapete quel che fa" -> "pour peu qu'il y ait robe, vous savez ce qu'il fait".

La vidéo est pourrie, j'en conviens, mais le jeu des acteurs est tip top (c'est pénible quand ils restent statiques comme c'est trop souvent le cas à l'opéra - à la décharge des chanteurs, chanter demande du souffle et rentre alors en concurrence avec le souffle nécessaire aux mouvements d'un jeu un peu sportif) et vous avez le texte original (sous titres).

Toujours un air de Leporello Notte Giorno et Faticar. Le domestique qui se lamente et se rebelle "Voglio Fare Il Gentiluomo e Non Voglio Piu' Servir" -> "je veux faire le gentilhomme et je ne veux plus servir". Un domestique qui se rebelle et ose demander à bénéficier des mêmes prérogatives que son maitre ! Shoking ! C'est un peu comme si la patronne du MEDEF venait faire une intervention à un congrès de la CGT ;o) La noblesse de l'époque qui assistait à la représentation devait être bien contente LOL !Wolfgang eu quelques ennuis tout de même, surtout son opéra.

Ici la mise en scène prend une liberté en faisant partager l'aria par Don Giovanni et Leporello, bien vu, l'un voulant prendre la place de l'autre.

La Ci Darem La Mano, air de Don Giovani et Zerlina (entre donner la main et donner sa main, il y a une subtilité qui échappe à cette pauvre paysanne). Zerlina vient d'épouser Mazetto (d'où la robe de mariée) et Don Giovani la barratine et la drague pour "se la faire". Ah la fraiche et naïve Zerlina "vorrei e non vorrei... non sono piu' forte..." (je voudrais bien et je ne veux pas... je ne suis plus forte) qui se fait eu "andiam" (allons-y). Quel manque de moralité, le noble qui trousse la paysanne, tout juste mariée, en lui promettant monts et merveilles (c'est presque d'actualité) !

A cenar Teco, air majeur et presque final de l'opéra. La statue du Commendatore (Falsh back: Il Commendatore provoque Don Giovani en duel pour répondre à la vertu outragée de sa fille et meurt) revient d'entre les morts pour demander à Don Giovanni de racheter ses fautes. Lui aussi lui demande sa main mais c'est pour l'amener en enfer (nous sommes en pleine morale judéo-chrétienne). J'adore la mise en scène qui finie comme un clip à la Michael Jacskon, Thrilleeeeeeeeer...Le mythe de l'apocalypse finale et son côté grandiloquent (c'est généralement moins glorieux: lit  d'hôpital).

Nous sommes au XVIIIe siècle, la règle et le lieto fine (le happy end), Mozart composera donc un choeur final très joyeux (après tout, le méchant et immoral Don Giovanni est mort). A l'ère romantique (on était féru de fin tragique), on le supprimera allégrement. Bref, je ne vais pas m'étaler sur les âneries du mouvement dit romantique. C'est tellement plus jouissif de voir Mozart jouer avec les régles de l'opéra baroque.

Leporello, le personnage bouffe à l'attitude comique dans cet air (plus ou moins bien joué ici) et le seul à comprendre les enjeux, Don Giovano, le rôle sérieux, au final ne comprend rien ou fait mine de ne pas comprendre.

Il commendatore, registre de la basse (le plus grave): toujours un moment impressionnant quand on assiste à une représentation théâtrale. C'est assez puissant, vocalement, pour prendre une expression contemporaine, "cela calme" !

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 00:01

Oui, encore Haendel ! Je l'adore et puis c'est tout ! La première fois que j'ai écouté certains airs, j'avais l'impression de les avoir déjà entendu un millier de fois; l'étrange sensation d'un quelque chose de familier... je ne l'explique pas, d'autant plus que mes parents ne m'ont jamais fait écouter de classique et que j'ai découvert cette musique à l'âge de 22 ans.

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Air de Dardanus dans l'opéra Amadigi Di Gaula, Pena Tiranna chanté par Max Emanuel Cencic (contre-ténor ou mezzo-soprano si cela lui fait plaisir - j'adore le CD alors je ne lui en tiendrai pas rigueur). Pena Tiranna, littéralement peine tyrannique (traduit par "cruelle douleur" dans le livret du CD - ce qui revient au même finalement). En italien on a une assonnance (ena -> anna) entre deux mots antagonistes, mariant ainsi par le son deux mots que tout oppose. En français on appuit l'opposition tant dans les sonorités que dans le sens: le doux peine à l'oreille évoquant quelque chose de langoureux et le dure tyrannique (T + R + K) évoquant quelque chose de violent. Et il faut retrouver toutes ces contradictions dans et la partition et l'interprétation vocale. Les chers jeux de clair/obscure de l'ère baroque, entre le jour et la nuit, la résignation et la révolte, le coeur et la raison etc ce qui donnerait un très contemprain yin et yang...

Air d'Hercules dans l'oratorio du même nom, When Shall I Fly chanté par Jennifer Larmore (mezzo-soprano) ! Je ne fais pas qu'une fixette sur les même compositeurs, sur les mêmes interprètes aussi (j'ai MES chanteurs fétiches). Air tout a fait intéressant stylistiquement parlant, on est presque dans le style romantique avec un récitatif (déclamation + clavecin) de début d'air qui n'en est pas vraiment un (chant + orchestration). Ceci dit, ce n'est pas parce qu'on s'approche du romantisme qu'il faut en faire des tonnes dans ce sens, on reste au XVIIIe siècle, certaines chanteuses en font beaucoup trop dans ce sens rendant par là même le morceau imbuvable; accent pathétique sur certaine syllabe, fin de phrase fracassée (tout ce que je déteste). Merci Jennifer dont le talent n'est plus à prouver.

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