Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:01

Je suis autant athée que j'aime la musique religieuse, il y a des pages d'une beauté incommensurable, comme des appels à la sérénité (mieux que la musique zen des bouddhistes). Même si la musique d'église évoluera beaucoup au court du XVIIIe, elle gardera parfois cette sobriété et clareté à faire pâlir un ange et d'ailleurs, les anges n'ont pas de sexe, c'est bien connu et cela tombe plutôt bien puisque les chanteurs masculins étaient "incommodés" comme on disait en France pour ne pas risquer de froisser de trop chastes oreilles.

Pour ce qui est d'une interprétation contemporaine de ces petits joyaux musicaux, si l'on peut utiliser des chanteuses sans impiété (l'Eglise n'interdit plus à ces dernières de chanter les louanges du Seigneur - et en plus, on s'en tape un petit peu et moi beaucoup), reste un souci et de taille; les voix dites blanches au timbre cristallin ! Les castrats n'existent plus !! Plusieurs solutions :

  • soprano: utiliser un enfant soprano (selon la difficulté de la partition) c'est plus ou moins réalisable.
  • Soprano: utiliser une femme avec une voix blanche !
  • contralto: difficile de faire l'impasse sur un contre-ténor, les seuls à pouvoir disposer (voix de tête oblige) d'un timbre limpide.La femme contralto ne convient pas vraiment...

L'avantage d'utiliser une femme soprano (avec voix blanche je précise ou qui s'en approche) et un contre-ténor est de disposer d'une bonne osmose entre les deux voix; les deux chantant en voix de tête ! Tout est certes affaire de goûts (difficile d'en discuter) mais tout de même ! Associer de belles voix limpides en écho à la résonnance d'un lieu comme une église, cela fait aussi partie de la magie.

 

Premier morceau: Vivaldi ! Le compositeur de quelques 95 opéras (il n'en reste pas grand chose !!). La musique,au XVIIIe siècle était, comme aujourd'hui, un produit hautement jetable: on composait, on jouait et en oubliait. Et on oubliait d'autant plus vite que les copies des partitions (faites à la main) étaient rares. Bref... Vivaldi aussi était prêtre, on l'appelait le "prêtre rouge", non pas parce qu'il était de gauche (cela n'existait pas) mais parce qu'il était roux (en italien rouge et roux sont un seul et même mot: rosso).

Extrait de Nisi Dominus, le morceau "Cum dederit dilectus suis sommum", chanté par le contre-ténor James Bowman ! Ce que Bowman a fait de mieux !! Le CD le plus céleste de sa discographie; pour le reste, il est assez pitoyable quand il interpréte des arie d'opéra (il n'a pas une voix faite pour).

Deuxième morceau: Pergolese (que ces bourrins de français écriront à l'époque le père Golaise - tout simplement parce qu'il était prêtre). Il mourut jeune (à l'époque, c'était courant) et laissera un Sabat mater absolument divin, comme Mozart pour son Requiem, il l'écrivit alors qu'il était en train d'agoniser (non seulement on mourait jeune mais en plus, c'était long), sauf que Pergolese finira son oeuvre, pas Wolfgang. Deux extraits; d'abord le premier morceau pour soprano et contralto "Stabat Mater" où l'osmose entre les deux voix est primordiale (j'ai une version beaucoup plus céleste sur CD avec toujours Gérard Lesne mais un autre soprano, Mieke Van Der Sluis, c'est meilleur). Troisième morceau: "Qui Est Homo" avec enfant soprano (la sacro-sainte voix blanche qui fit tourner les têtes et castrer les enfants chanteurs aux XVIIe et XVIIIe), juste pour l'introduction de l'air, parce que le contre-ténor ici est n'est pas terrible, cela gâche un peu...

Deux petits derniers pour la route, avec Haendel ! En visite/formation en Italie, le compositeur allemand écrira un Dixit Dominus pour le choeur du pape. Autant dire, qu'il aura la main lourde sur la partition !!!!! Le choeur disposait des meilleurs chanteurs, ceci explique cela. Et comme tout bon laïque (lui n'était pas prêtre), le style sera relativement proche de l'opéra : quelle est loin la sobriété religieuse ! LOL

Le premier morceau de l'oeuvre "Dixit Dominus" puis un duo de soprani "De Torrente in via Babet" (j'ai une version CD beaucoup plus mieux bien mais elle n'est pas trouvable sur tutube - j'enrage parfois).

Partager cet article

Repost0

commentaires