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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 00:01

Aller pour Pâques...

En premier: Exsultate, jubilate de Mozart, motet (donc oeuvre religieuse, donc en latin) composé pour Venanzio Rauzzini (soprano castrato) qui créa également le rôle de Cecilio dans l'opéra Lucio Silla du même compositeur. Le chanteur, alors en Autriche créa quelques désordres. Ils aimaient les femmes et elles le lui rendaient bien. Les dames de la cour se couvraient de portraits miniatures de lui par folie amoureuse et le Prince Electeur, fatigué des plaintes perpétuelles de nombreux nobles cocus, invita le chanteur à quitter l'Autriche. Certains chanteurs étaient très courtisés; les affres de la chair, sans les risques (un polichinel dans le tiroir - c'était la conséquence majeure à l'époque). "Exultez, réjouissez-vous"; Mozart et Rauzzini avaient ceci en commun, l'amour de la chair ! Tout le monde le sait, dans se rejouir il y a... bref. C'est aussi un élément qui séparera l'Europe musicale; d'un côté la musique "catholique" qui, s'inspirant largement de l'opéra et utilisant ses chanteurs, sera joyeuse, exaltée, voir limite plus très religieuse (tout ou presque était permis), de l'autre côté la musique protestante empreinte d'austérité; l'homme est un pêcheur qui doit se repentir s'il ne veut pas finir en enfer. Bach (le père) m'ennuiera toujours avec ses oratorio et motets (déprimants). Au final, on a l'hypocrisie des uns (les catho n'en manquaient pas - les papes avaient des concubines, voir des enfants naturels) contre le puritanisme des autres (les protestants). Le match ne sera pas nul, les permiers (Italie en tête) élevant les arts au rang d'activité majeure, sublimation de la créativité de l'homme au service et à la gloire de Dieu, les autres au rang d'ornements utiles voir de futilités. Pour en revenir au sujet, vous noterez au passage que Exultate, jubilate fini par une cadence (à l'image d'un air d'opéra); un dernier coup de rein glissé malicieusement !!!! Quant à l'interprète, Carolyn Sampson, correcte et sans plus, je préfère Emma Kirkby. C'est surtout pour l'ochestration que j'ai choisi cette version. De toute manière, les graves de la partition sont forcément éteints pour un soprano contemporain.

En second: Vivi Tiranno air de Bertarido de l'opéra Rodelinda de Haendel (oeuvre profane donc en italien). Bien entendu, le rôle fut créer pour Il Senesino (contr'alto castrato). C'est la merveilleuse Marilyn Horne qui s'y colle et avec talent, parfaite mezzo-soprano pile poil à cheval sur le contr'alto et le soprano (ses graves sont terribles car bien sonores et son agilité aérienne - que du bonheur). En début de vidéo, vous avez une caricature du XVIIIe siècle en scène. Si l'orchidectomie avant la puberté avait pour conséquence de conserver la hauteur de la voix (pas toujours), elle avait aussi pour conséquence quelques désordres d'ordre hormonaux (les hormones sexelles ossifient les cartilages et arrêtent la croissance); dont la taille assez importante des castrats. On avait donc sur scène des chanteurs géants face à des partenaires féminines assez petites (entre 30 et 40 cm de hauteur les séparaient).

En troisième: O Lord, whose mercies numberless air de David de l'oratorio Saül de Haendel. Un oratorio est un mix entre opera et motet; pour faire simple, c'est un opéra avec un sujet religieux donc sans la mise en scène et tout le tralala d'un théâtre. Ici c'est Paul Esswood qui l'interprète (contre-ténor); impossible de faire mieux. J'en ai essayé des versions (David Daniels, Andreas Scholl etc), aucune n'atteint ce degré d'excellence ! L'oratorio est en anglais et le rôle de David composé pour un contre-ténor. Haendel en composera quelques uns, dont le plus beau reste et demeure Le Messie (ce sera pour une autre foi lol).

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