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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:43

La cantate (littéralement "chanson"): un genre que j'affectionne tout particulièrement ! Il faut bien se dire, qu'aux siècles très passés (trépassés aussi), il n'y avait pas de téloche et que le soir on se faisait surement un peu chier (dit ainsi, c'est clair). Sans compter que la saison d'opéra en Italie était relativement courtes. On invitait donc quelques convives, un petit orchestre et généralement un chanteur afin d'agrémenter la soirée. Cela permettait aux chanteurs encore au conservatoire et qui n'étaient donc pas sur les scènes d'opéra de se faire la main, ou du moins les cordes vocales, de se familiariser avec la chant en publique et l'interprétation d'une oeuvre. On pouvait aussi inviter un chanteur de renom, mais la dépense était beaucoup plus (trop ?) importante... Le style adopté était généralement galand, très intimiste. Il ne s'agissait nullement de faire preuve de prouesses mais de jouer sur les couleurs vocales avec des affetti et des clairs obscures chers à l'ère baroque. Cela permettait également à tout un chacun (chanteur et compositeur) de se faire un nom et également aux conservatoires de gagner un peu d'argent; tout le temps de sa formation, le chanteur appartenait corps et âme au conservatoire qui le formait (il était lié par contrat une dizaine d'années). Il lui incombait donc de chanter pendant les offices religieux qui avaient lieu le matin, puis de chanter dans les salons de l'aristocratie. Ce n'est qu'une fois libéré de toute contrainte, que le chanteur pouvait chanter à l'opéra (à l'âge de 15 ou 20 ans selon les chanteurs et les conservatoires). Autant dire qu'à 15 ans (dont Farinelli), certains étaient plus que rodés à l'art du chant; ils en maitrisaient chaque secret.

Quelques morceaux choisis: (contre-point, da capo e tutti quanti) 

Et bien entendu contre-ténor car le style convient parfaitement à ce type de chanteur.

  • Vivaldi "Vedro con mio diletto", aria d'opéra mais qui répond très bien à ce côté intimiste de la cantate (pas dit que le compositeur n'est pas fait un petit recyclage - il n'y a pas de grande différence). Philippe Jaroussky (contre-ténor), coqueluche des baroqueux modernes, pas la mienne assurément. A l'opéra je le trouve assez mauvais (il faut l'entendre mouliner dans les vocalises, c'est pitoyable) et il ne faut pas lui demander de produire une note grave... il me fatigue même si ici, c'est très bien !
  • Caldara "Sofri mio caro Alcino" (il n'y a pas le céleste "Vicino a un rivoletto" sur tutube, sniff sniff). Gérard Lesne (contre-ténor) la plus belle voix du genre, un must ! Le roi incontesté des affetti... sa discographie avec son ensemble Il seminario Musicale est un bonheur absolu ! Cela ne l'a pas empêché de se faire assassiner par certains critiques le qualifiant de "voix pour papier glacé" (les cons !).
  • Toujours Vivaldi "Ah ch'infelice sempre" de la cantate Cessate omai cessate. Cette fois c'est Max Emanuel Cencic (contre-ténor) qui s'y colle. Je l'aime beaucoup, vocalement parlant. Certes la voix est moins limpide que les deux premiers chanteurs mais son interprétation est remarquable (lui produit des graves). Il y a plus qu'une nuance entre chanter (produire un son) et interpréter (donner une âme à l'oeuvre). Son interprétation du da capo est excellente, il a tout compris.

Les fourmis bullent et la balade musicale continue...

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