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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 15:58

Après tout, c'est mon blog et je fais ce que je veux !! Alors autant exprimer ma passion pour les voix lyriques !

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La musique est d'abord religieuse (pas uniquement mais quasiment). Elle rythme les offices (messes), on chante en latin et seuls les hommes chantent. Comme le préconisera plus tard le concile de Trente (conseil oecuménique qui définit la politique de l'Eglise catholique) "Mulier in ecclesia tacet" (la femme dans l'Eglise se tait), cela restera en vigueur jusqu'au 20e siècle (!!!). Les protestants ne furent pas plus cool et appliquèrent les mêmes règles dans les églises (contre-ténor et garçon non pubère soprano).

Le premier registre créé est celui du tenor (littéralement le teneur, celui qui tient la mélodie). A ce registre on en ajoutera trois autres appelés respectivement:

  • contra-tenor altus (contre le teneur haut); plus aigu que le tenor
  • contra-tenor bassus (contre le teneur bas); plus grave que le ténor
  • superius

Illustration en vidéo ! Par ordre d'apparition: le tenor, le contra tenor altus, le superius (à l'époque on utilisait des garçons soprani) et le contra tenor bassus.

 

L'enfant soprano pose plusieurs difficultés: si la voix est blanche (d'une limpidité incomparable), elle est peu puissante. De plus, les années nécessaires à l'apprentissage du chant sont longues. A peine l'enfant avait-il acquis l'art du chant que la mue mettait fin à sa capacité à chanter en voix de soprano.

 

Contra-tenor altus donnera en italien contr'alto ou plus simplement alto, en France contra-altus, littéralement haute-contre, en Angleterre contra-tenor, contre-ténor.

Contre-ténor bassus donnera plus simplement basse et pour les instruments contre-basse. Le regsitre le plus grave.

Superius deviendra dessus en français et sopra/sopranista/soprano en italien. Le registre le plus aigu.

 

Grave Aigus
tenor soprano
basse contr'alto

Il faut attendre relativement tardivement (milieu du 18e siècle pour voir apparaitre deux registres intermédiaires):

  • mezzo-soprano dans les aigus
  • baryton dans les graves

Cette apparition coincide avec la disparition progressive des castrats à l'opéra:

  • l'étendue vocale du castrat étant supérieure à celle de la femme, cet intermédiaire n'avait pas de légitimité
  • les voix masculines "naturelles"/graves étaient peu en vogue, l'opéra baroque est le règne de l'aigu; femme ou castrat

Pour pallier à l'interdiction faite aux femmes de chanter dans les églises, on optera pour plusieurs solutions en ce qui concerne les parties aiguës:

contr'alto: des hommes chantant en voix de tête (fausset ou falsettiste, aujourd'hui appelés contre-ténor), puis des castrats.

soprano: de jeunes garçons non pubères (Treble chez les anglais) ou des hommes chantant en voix de tête (sopranistes artificiels ou crécelles LOL - c'est faisable mais assez abominable à l'ouïe), puis des castrats.

 

Au 6e siècle seuls les chanteurs espagnols sont autorisés à interprétés les parties de soprano à la chapelle pontificale (privilège accordé par le Pape à l'Eglise d'Espagne). Deux siècles plus tard, les maures envahissent la péninsule ibérique et l'occupent pendant 700 ans. Apparait en Espagne la civilisation mozarabe. Mozarabe se dit des chrétiens qui conservèrent leur religion sous la domination musulmane, mais adoptérent la langue et les coutumes arabes. Ces derniers utilisent des eunuques (grec "eunoukhos": celui qui garde le lit) dans les harems. Chargés également de divertir le notable arabe et sa cour, l'eunuque chante. Les premiers castrats apparaissent dans les églises espagnols puis arrivent en italie.

Au 17e siècle, le pape Clément XVII comprit qu'une marche arrière vers les voix stridentes et forcés des faussets soprani de l'époque n'était plus possible. En l'espace de quelques années, il fit évacuer tous les falsettistes et sopranistes dits artificiels pour les remplacer par des castrats venus d'Espagne.

 

En 1600 (fin de la renaissence italienne), l'opéra nait avec Jacopo Peri, mais le nouveau maitre de ce nouveau genre musical sera Claudio Monteverdi (1567-1643): avec lui, les canons de l'opéra (alternance d'airs, de duos, d'ensembles, division en numéro...) seront fixés et resteront en vigueur jusqu'à Wagner.

 

 C'est en 1638 que le prêtre et chantre (castrato) Allegri composa ce monument de la musique religieuse pour la chapelle pontificale. L'œuvre connue un tel succès que le pape s'en réserva l'exclusivité en en interdisant toute copie, menaçant (paraît-il) tout contrevenant à l'excommunication. Ces 2 chœurs à 9 voix (aucun instrument) fut jusqu'en 1870 un incontournable de la liturgie romaine. Aucune oeuvre ne pût se targuer d'une telle pérennité ! Montesquieu, plutôt avare de compliments envers les chanteurs italiens ( "ces chapons qui inspirent l'amour philosophique") affirma: "J'ai vu les cérémonies de la semaine sainte à Rome. Ce qui m'a fait le plus de plaisir c'est un Miserere si singulier qu'il paraît que les voix des châtrés sont des orgues." Mozart, âgé de 14 ans, après avoir entendu l'œuvre 2 fois, la retranscrivit entièrement de mémoire, ce qui au regard du génie du compositeur autrichien et de la simplicité de l'œuvre, n'a rien d'un exploit.

Ici, c'est Patrick Husson qui interpréte la partie de soprano solo ! Epoustouflant ! Quant à sa voix de soprano, mystère...

 

Les deux genres, musique religieuse et musique profane (opéra principalement) seront d'abord distinctes pour ensuite se ressembler énormément (on ira même au début du 20e jusqu'à interpréter des ouvertures d'opéra dans les Eglises - en Italie bien entendu) pour deux raisons principales:

  • ce sont les mêmes compositeurs qui écrivent les deux types de musique; le clergé perdra le privilège de composer pour l'office au profit de grands noms (Haendel, Mozart and co)
  • ce sont les mêmes chanteurs qui les interprétent (le matin à la messe, le soir à l'opera)

Pendant 200 ans (XVII et XVIIIe siècles), l'opéra italien qui inondera l'Europe entière (à l'exception de la France - Louis XIV par chauvinisme entre autre, imposera la Tragédie Lyrique) dictera ses règles.

Plusieurs raisons géo-politiques expliquent cela:

  • le siège de l'Europe catholique est en Italie, au vatican
  • l'Italie n'est pas un pays unifié mais une mosaïque de principautés, royaumes ou républiques

Les différentes familles régnantes d'Italie se livrèrent à des batailles véroces (fort pacifiques en fait contrairement aux autres pays européens): c'était à celui qui aurait la plus belle cathédrale, le plus haut palais, le plus grand théâtre à en faire mourir de jalousie ses voisins. Les arts explosèrent en Italie (cas unique en Europe où on se contentait généralement d'embellir et de glorifier la capitale - l'Italie comporte une multitudes de capitales), et le nouveau genre musical qu'était l'opera n'échappa pas à cette règle. Le royaume de Naples (qui posseda les 3 plus grands conservatoires d'Europe) passa de main en main: d'abord possession espagnole, il passa sous le contrôle de l'Autriche puis au final de la France.

 

Des raisons structurelles aussi:

L'italie se dotera des conservatoires, écoles où les élèves apprennent chant et musique, principalement à Naples (Bologne et Rome également). L'Italie pays très catholique, posséde également de nombreuses maitrises où l'art du chant sera enseigné.

 

Concernant l'opéra, on distingue deux époques:

  • la période baroque (XVIIe et XVIIIe siècles): Vivaldi, Haendel...
  • la période romantique (XIXe siècle): Verdi, Wagner...

On distingue plusieurs genres:

Le baroque aura l'opera seria (sérieux) et l'opera buffa (bouffe). Dramma serio per musica, dramma gioccoso per musica plus exactement.

L'ère romantique simplifiera avec l'opéra, l'operette et les ballets.

 

L'opera baroque sera le règne des aigus, femmes (sauf dans les états pontificaux où ces dernières étaient théoriquement interdites - interdiction toute théorique et non réelle) et castrats se partagent la vedette.

L'opera romantique opposera nettement un ténor et un soprano (donc un homme et une femme) qui se partageront la vedette.

 

L'opera baroque fera la part belle aux chanteurs: on va à l'opéra pour écouter un Farinelli ou un caffarelli. C'est la plus grosse dépense d'un théâtre (quelqu'uns firent d'ailleurs faillite - ce qui ne stoppait en rien leurs activités); les cachets de ces stars. On se les arrachera à prix d'or à travers toute l'Europe. Le compositeur est la 5e roue du carrosse, mal rémunéré, il dirige également l'orchestre. Un chanteur n'hésitera pas à imposer un aria d'un autre compositeur dans un nouvel opéra juste parce que son interprétation met la foule en délire, l'oeuvre n'a pas de cohérence artistique. Le chanteur peut improviser les ornements de son choix, il y est même encouragé via les cadences de chaque air.

L'opera romantique changera complétement d'optique: les stars sont les compositeurs. On va à l'opéra pour écouter la dernière oeuvre d'un Verdi par exemple. Les compositeurs exigeront le respect absolu de la chose écrite. Aujourd'hui encore, on va au théâtre pour voir/écouter une oeuvre...

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commentaires

Grey 19/01/2011 20:13



J'adore ! Merci pour cet article, moi qui suis un total néophyte je trouve ça très intéressant :)



etii 19/01/2011 23:17



Ca ne va pas brancher grand monde lol mais cela me fait plaisir.


Merci pour les encouragements !


Coeurdi@ - Thierry