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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 00:01

Mon opéra préféré de... vi vi, Haendel ! Le compositeur au sommet de son art, peut-être aussi que le sujet devait être inspirant et ne vous y trompez pas, l'objectif du compositeur était de flatter l'orgueil du roi.

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Les 3 premiers airs sont pour Jules César, avec la divinissime canadienne Jennifer Larmore; elle excelle, elle me fait vibrer le bas ventre avec sa voix de mezzo bien trempé (les trippes hein, pas plus bas bande de vicieux !), ce n'est que du bonheur, elle est mon César préféré ! ;o) Par ordre d'apparition; "Presti Omai L'Egizia Terra" puis "Empio, Diro Tu Sei" et au final "Al Lampo Dell' Armi"... il ne plaisante pas le Jules, c'est guerrier ! Goût personnel, j'ai toujours trouvé les contre-ténors un peu court sur pattes pour un rôle d'une telle ampleur vocale.

En quatrième position "Se pietà", cette brave Cléopâtre qui se lamente, l'attaque du da capo avec un grave est une angélique idée ! Certes la supplique est longue mais tellement délicieuse puis c'est une femme, c'est forcément plus long LOL !  Un peu d'humour avec un personnage secondaire Nireno (eunuque et confident de Cléopâtre, version Bollywood - un vrai délire avec petite improvisation vocale orientale) "Chi perde un momento". Et je vous remets le même morceau mais avec une autre interprétation de Nireno, cette fois c'est Michael Mancini qui s'y colle, soprano masculin artificiel (rien d'exceptionnel dans le sens ou sa voix de tête monte dans le soprano au lieu d'être dans le contr'alto comme la plupart des hommes, c'est plutôt rare mais cela arrive - ce n'est pas un castrat !!).

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Pour la petite histoire, il Senessino créera la plupart des grands opéra du compositeur allemand italianisant qui devint anglais (l'Europe avant l'heure et avec les anglais, quel paradoxe). Le chanteur et le compositeur en tireront une gloire sans pareil. Cela ne les empêchait pas de se quereller; la rigueur toute allemande de l'un face à la fantaisie toute italienne de l'autre; les désaccords musicaux étaient nombreux, tout autant que les caprices de son chanteur fétiche. Il Senessino était "contralto" même si on pourrait dire aujourd'hui qu'il était mezzo-soprano. L'étendue des voix des castrats était telle qu'on essayait parfois d'apporter des nuances; un tel était contralto aigu ou tel autre était soprano grave (chercher bien la différence); le registre de mezzo-soprano n'existait pas, du moins il n'y avait pas de nom pour désigner l'intermédiaire entre soprano et contr'alto, de toute manière, les grands chanteurs étant les deux à la fois, cela compliquait toute catégorisation.

Haendel était LE compositeur de l'opéra du roi. Quand ce dernier rentra en conflit avec la noblesse (tous les arts sont politiques et encore plus l'opéra), cette dernière décida d'un affront. Elle fit donc venir il Farinelli en angleterre à grands frais, débaucha il Senessino (!!!) du théâtre de Haendel et fit jouer des opéra. Avec de tels chanteurs (une spectatrice s'exclamera "one God, one Farinelli" *- "il n'y a qu'un Dieu et qu'un Farinelli"-  cette phrase entrainera tout le théâtre et marquera l'Histoire musicale, cela peut paraitre anodin mais associer Dieu au XVIIIe sicèle à un chanteur est fort en sens), le théâtre de Haendel fit faillite par manque de spectateurs (humiliation pour le roi) et Händel ne composa plus jamais d'opéra (il n'arrêta pas de composer pour autant). Quant à Farinelli, il partit pour l'Espagne et disparu définitivement des scènes européennes (dommages collatéraux - art et politique ne font pas toujours bon ménage).

Pour être exacte, Haendel était aussi atteint de cécité et Farinelli devint "premier ministre" du roi d'Espagne, ceci explique cela.

* deux chanteurs peuvent se targuer d'avoir retourner toute l'Europe mélomane (Italie, Autriche, Allemagne, Angleterre, Espagne, Portugal, même la France !!), Carlo Broschi dit il Farinelli et  Gaetano Majorano dit il Cafarelli. Tant au niveau de la beauté de la voix (on ne peut se fier qu'aux écrits de l'époque sur ce point précis) que pour les performances vocales (là, il suffit de lire les partitions qui ont été écrites sur mesure pour eux). Il Cafarelli était peut-être encore plus doué que son ainé mais:

  • Farinelli était prevenant et modeste; humainement irréprochable
  • Caffarelli était prétentieux, colérique, il lui arrivait d'en venir aux mains et de se battre sur scène avec d'autres chanteurs...

L'histoire musicale retiendra surtout Farinelli (peut-être injustement). Même les français (pourtant très critiques vis à vis des chanteurs italiens - le verbe était haut et assassin, Voltaire n'était pas le dernier) restérent en extase devant lui. Aucun contemporain de son temps ne critiqua jamais le divin Farinelli, en Italie ou ailleurs alors que Caffarelli se fit "'tailler/casser" à de nombreuses reprises (même si les critiques ne furent jamais musicale).

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