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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 00:01

Lasius emarginatus: les premiers cocons sont apparus et le gavage des larves est soutenue, j'en ai avec le "cul" jaune, ne me demandez pas pourquoi, ce n'est pas un effet optique de l'image. Normalement, du moins jusqu'à là, je n'avais observé qu'une coloration de l'estomac des larves... Ne sont pas moins importantes les pontes de la gyne. Cela commence à faire beaucoup: jamais elles ne s'arrêteront, au-secours LOL !!! J'en serais presque à vouloir qu'une génération disparaisse histoire de faire de la place (c'est horrible) !!! Cela va être très dense dans le nid même s'il y a toujours plus de place que l'on se l'imagine.

Plagiolepis sp: elles aussi ont leurs premiers cocons. Elles les entreposent en haut du nid et sont même allées dans l'ADF pour les exposer à des températures plus élevées (un moment d'hérésie). Par contre, tous les cocons ont la même taille, donc point de sexués à l'horizon contrairement à ce que j'ai pu croire un moment.

Lasiusemarginatus10000.jpg Lasiusemarginatus10001.jpg plagiolepis2000.jpg

Cataglyphis velox: rien de particulier a priori; je compte 12 cocons. Cependant, j'ai fait une observation intéressante: la gyne était entourée de sa cohorte de gardes rapprochées (comme d'hab'); une ouvrière a soudainement pris une position "califourchon": elle a basculé son gastre devant ses mandibules et a sorti un œuf devant la tête de la gyne (elle est gonflée celle-là, elle va se prendre une rouste, oser défier un privilège royal !!!) pour le lui donner. Un peu comme une offrande, et la gyne a tout simplement mangé l'œuf (trophique en l'occurrence).
Je ne savais pas que les ouvrières pondaient (première info), d'autant plus que ce n'est pas une des plus grandes ouvrière qui l'a fait (le polymorphisme chez cette espèce est important; il y a des minor, des media et des major en quelque sorte) mais encore moins que c'était à fin (faim) de nourrir la reine. J'ai bien tenté d'y revenir oculairement parlant avec mon fidèle assistant de chez Canon, le hasard aurait pu me gratifier d'un peu de rabe, mais elles ont une excellente vue ces saloupiotes. Si ma présence les dérange peu (je ne fais pas la danse de Saint Guy devant elles), les mouvements de l'objectif leur ont fait peur: fuite de la reine dans un coin obscure du nid, ouvrières agressives dans l'ADF, le grand jeu quoi !
Elles vivent dans des milieux pauvres en nourriture et si elles savent se contenter de peu (cadavres d'insectes, déjections animales etc), les pontes de la gyne demande beaucoup de protéines. La belle affaire, à charge pour les ouvrières d'apporter un concentré de protéines via leurs œufs non fécondés ! Trop fort et en même temps, bête comme chou. Sa sérénissime majesté aurait pu se contenter de trophallaxie, cette espèce a un jabot social et sait très bien s'en servir, la table est, qui plus est, bien garnie par mes soins. Elles ont fait un autre choix.
D'un autre côté, comme la différence entre ouvrière et gyne est peu marqué, les pontes sont peut-être inévitables (les ouvrières ne sont pas stériles - la petite taille des ouvrières chez certaines espèces ne permet pas la présence d'ovaires ou leur fonctionnement), peut-être est-ce plus simplement une façon de détruire les œufs des ouvrières sans perdre une si bonne source de nourriture, riche en protéines qui plus est, alors que le milieu d'origine en est peu pourvu.
L'observation soulève quelques questions, comme toujours. Une chose me semble à peu près "certaine" (c'est toujours compliqué de déterminé ce qui relève du conscient - volonté délibérée serait plus exacte - et de la succession de faits) est que l'ouvrière a délibérément pondu dans le but de donner son œuf à la gyne...

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