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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 00:01

Cela manquait un peu de zic par ici (niark niark niark !!), non ?

Don Giovanni, (l'avant) dernier opéra de Mozart et surement le meilleur avec le "premier" (Les Nozze Di Figaro). On retrouve le même usage de personnages qui sont des domestiques mais un brin rebelles et sont placés au centre de l'opéra (exist le super héro mythologique incarné par le castrat). Révoltionnaire ? Pas vraiment, le librettiste (auteur du texte de l'opéra si vous préférez) Da Ponte, n'a rien fait de moins que de s'inspirer de la littérautre en vogue à l'époque, annonciatrice de quelques changements d'ordre politique (chute de l'aristocratie au profit de la bourgeoisie - la peste contre le choléra au final). Comme toujours avec Mozart, rien n'est jamais simple. On a un opéra sérieux (opera seria) avec ses codes (plus ou moins selon les moments) mais qui emprunte aussi à l'opéra bouffe et annonce l'opéra romantique (annonce seulement, Mozart n'est ni Verdi, ni Wagner). Bref...

Air de Leporello Madamina, Il Catalogo E' Questo (ma petite dame, la liste est la suivante): le domestique de Don Juan fait la liste des conquêtes de son maitre et la catalogue est fourni !!!! La petite, la grosse, la maigre, la blonde, la brune, la jeune et la vieille, en Espagne, en France et en Turquie etc (c'est plus délicieux en italien, surtout dans les sonorités). En fin de compte (derniers vers), quelque soit la dame "purché porti la gonnella, voi sapete quel che fa" -> "pour peu qu'il y ait robe, vous savez ce qu'il fait".

La vidéo est pourrie, j'en conviens, mais le jeu des acteurs est tip top (c'est pénible quand ils restent statiques comme c'est trop souvent le cas à l'opéra - à la décharge des chanteurs, chanter demande du souffle et rentre alors en concurrence avec le souffle nécessaire aux mouvements d'un jeu un peu sportif) et vous avez le texte original (sous titres).

Toujours un air de Leporello Notte Giorno et Faticar. Le domestique qui se lamente et se rebelle "Voglio Fare Il Gentiluomo e Non Voglio Piu' Servir" -> "je veux faire le gentilhomme et je ne veux plus servir". Un domestique qui se rebelle et ose demander à bénéficier des mêmes prérogatives que son maitre ! Shoking ! C'est un peu comme si la patronne du MEDEF venait faire une intervention à un congrès de la CGT ;o) La noblesse de l'époque qui assistait à la représentation devait être bien contente LOL !Wolfgang eu quelques ennuis tout de même, surtout son opéra.

Ici la mise en scène prend une liberté en faisant partager l'aria par Don Giovanni et Leporello, bien vu, l'un voulant prendre la place de l'autre.

La Ci Darem La Mano, air de Don Giovani et Zerlina (entre donner la main et donner sa main, il y a une subtilité qui échappe à cette pauvre paysanne). Zerlina vient d'épouser Mazetto (d'où la robe de mariée) et Don Giovani la barratine et la drague pour "se la faire". Ah la fraiche et naïve Zerlina "vorrei e non vorrei... non sono piu' forte..." (je voudrais bien et je ne veux pas... je ne suis plus forte) qui se fait eu "andiam" (allons-y). Quel manque de moralité, le noble qui trousse la paysanne, tout juste mariée, en lui promettant monts et merveilles (c'est presque d'actualité) !

A cenar Teco, air majeur et presque final de l'opéra. La statue du Commendatore (Falsh back: Il Commendatore provoque Don Giovani en duel pour répondre à la vertu outragée de sa fille et meurt) revient d'entre les morts pour demander à Don Giovanni de racheter ses fautes. Lui aussi lui demande sa main mais c'est pour l'amener en enfer (nous sommes en pleine morale judéo-chrétienne). J'adore la mise en scène qui finie comme un clip à la Michael Jacskon, Thrilleeeeeeeeer...Le mythe de l'apocalypse finale et son côté grandiloquent (c'est généralement moins glorieux: lit  d'hôpital).

Nous sommes au XVIIIe siècle, la règle et le lieto fine (le happy end), Mozart composera donc un choeur final très joyeux (après tout, le méchant et immoral Don Giovanni est mort). A l'ère romantique (on était féru de fin tragique), on le supprimera allégrement. Bref, je ne vais pas m'étaler sur les âneries du mouvement dit romantique. C'est tellement plus jouissif de voir Mozart jouer avec les régles de l'opéra baroque.

Leporello, le personnage bouffe à l'attitude comique dans cet air (plus ou moins bien joué ici) et le seul à comprendre les enjeux, Don Giovano, le rôle sérieux, au final ne comprend rien ou fait mine de ne pas comprendre.

Il commendatore, registre de la basse (le plus grave): toujours un moment impressionnant quand on assiste à une représentation théâtrale. C'est assez puissant, vocalement, pour prendre une expression contemporaine, "cela calme" !

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