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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 00:01

Attention aux oreilles, c'est assez spécial à entendre.

Alessandro Moreschi est né en 1858, il fut "amélioré" (comme on disait pudiquement à l'époque - comprendre castrer) en 1865, à l'âge de 7 ans. Certains évoquent des raisons médicales. Rappelons que la sainte Eglise catholique et apostolique interdisait tout amputation sauf pour des motifs médicaux et pendant 300 ans, chacun y alla de son baratin ou ferma les yeux... personne n'était dupe. On allait pas pleurer sur quelques centaines d'enfants mutilés alors qu'il en mourrait des milliers de faim tout simplement. Ce cher Alessandro que l'Europe mélomane nomma "l'angelo di Roma" fut le dernier castrat à chanter au Vatican dans le choeur du pape. Il quitta ce dernier en 1912 et mourrut en 1922.

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Pour la petite histoire, en 1902, 3 anglais partent à Rome pour enregistrer la voix du pape Léon XIII récitant des prières !  C'était les tout début des enregistrements. Sauf que le dit pontife avait 92 ans et dû décliner l'offre. Afin de ne pas repartir bredouille, ils décident de faire quelques enregistrements, 2 pour être exacte des chanteurs du pape, seul Moreschi s'y atela. Deux ans plus tard, en 1904, de nouveaux enregistrements seront fait. Pendant longtemps, ces disques seront les plus chers du monde de part leur caractère unique. Non seulement ils sont uniques mais en plus, ils ne sont même pas délibérés à l'origine !

Qu'en dire de ses fameux enregistrements ?

Vues les techniques de l'époque, la qualité n'est pas fracassante. Ce n'est  ni du stéréo, ni du Dolby surround. D'autre part, Moreschi avait plus de 40 ans (plus un jeune homme dans la fleur de l'âge - sa voix déclinait). Il faut également rajouter à cela la formation du chanteur; on est très loin des conservatoires napolitains. Le style laisse quelque peu à désirer; la vocalité a de détestables accents romantiques. Il est impossible de porter un jugement sur la voix tant la qualité est médiocre. Même le pianiste semble chevroter ou avoir abuser du vin de messe...

Ce qu'il reste ? On a une voix aigue qui n'est ni féminine ni masculine et avec un ambitus assez bluffant: la voix monte et descend avec une intensité égale. Le premier morceau de Rossini se fait tranquillement dans le mezzo, alors que le deuxième se fait dans le soprano. Le plus intéressant de chaque morceau est la fin... pour un mélomane cela laisse perplexe, on a une sorte de super soprano surnaturel. Demandez à une chanteuse de monter aussi haut ET de descendre aussi bas...

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