Crematogaster scutellaris: comme tout un chacun le sait, cette
espèce est reconnaissable entre
toutes, l'une des rares fourmis qu'il n'est
pas possible de confondre avec une autre (pas comme Lasius qui compte toute une kyrielle d'espèces qu'il est parfois difficile de
différencier) : son
gastre d'un noir luisant a une forme d'
as de pique et sa tête est rouge. Elle est surtout présente dans
le sud de la France mais, réchauffement climatique
oblige (surtout les hivers doux que nous connaissons)
on la trouve aussi sur Lyon, rarement mais elle est présente (le jardin de mes parents possède un nid plutôt important). Elle n'est
pas très exigeante et peut avoir un nid sans système d'humidification si on lui offre un abreuvoir d'eau (qui remplacera, dans son milieu naturel, la rosée du matin que les fourmis savent
utiliser à bon escient). Autre particularité, elle
se constitue des réserves de nourriture au sein de son nid sous forme de petites boulettes; peu de fourmis le font, car contrairement à
la fable, la fourmi n'est pas si prévoyante que ça !
J'ai commencé cette colonie avec
une gyne seule le 12 mars 2008, donnée par Régis, il y a
un peu plus d'un an. La gyne a fondé sa colonie dans un tube à essai, comme il est d'usage
de le faire et sans la moindre difficulté. La colonie comporte aujourd'hui
120 ouvrières, ce qui est, somme toute assez honorable au regard du
développement assez lent des larves.
Je ne leur fais pas faire de diapause; techniquement, il m'est assez difficile de faire un hivernage avec des températures d'hiver méditerranéen.
Cependant, la reine ne pond généralement pas ou peu pendant cette période (décembre/janvier) bien qu'elles bénéficient d'une température clémente d'intérieur chauffé (jusqu'à 22°C à cause
du chauffage collectif). Elles sont
dans un nid acheté sur fourmis.fr, les anciens nids, ceux qui étaient plats, je n'aime pas les nouveaux. Ce nid avait servi à mes
Lasius emarginatus
avant que je les déménage pour cause de surpopulation. Bref,
les majorettes du commandant Cousteau (sans l'odeur de moule) ou les
pompom girls comme je les appelle souvent,
se
portent très bien; la colonie continue sa croissance...
Camponotus maculatus: J'ai commencé avec
une gyne seule le 11 juin 2008. Autant j'ai
raté la fondation de sa proche cousine
Camponotus substitutus (une sud-américaine) qui est morte, autant
Camponotus maculatus (une égyptienne) n'a été que du bonheur !!! Cette
espèce est présente sur
l'ensemble du continent africain (paradoxale pour une aussi belle blonde), des zones arides jusqu'aux zones tropicales (elle possède une grande capacité
d'adaptation): elle est également présente sur l'île de la Réunion où on la surnomme "
la fourmi grand galop". Un an après ma colonie compte pas moins de
2
000 ouvrières (je vous rassure,
une ouvrière ne vit qu'entre 2 et 3 ans - 10 fois moins que la reine - cela fait donc 2 000 mortes à venir d'ici peu d'années) !!! L'espèce étant
de grande taille (la reine/gyne fait pas moins de 2 cm et les grandes ouvrières guère moins) l'apétit est féroce, c'est même
assez effrayant de voir tout ce qu'elles engloutissent. Venant
d'un
continent chaud pour le moins, je ne leur fais
pas faire de diapause mais comme pour Crematogaster, l'activité de
ponte de la reine se ralentit en hiver.
20°C
suffisent à leur développement (elles ont même connu des 17°C en automne ou au printemps sans que cela leur pose problème) mais leur
température de prédilection demeure 30°C, ce
qu'elles ont en ce moment avec ce début de canicule; la gyne ne pond plus, elle a des
diarrhée d'oeufs. Leur
nid est constitué de plusieurs boites en plexiglas (des boites
rectangulaires de rochers Ferrero) collée entre elles comme
un HLM. Elles n'ont aucun système d'humidification,
le nid est sec mais elles ont un
abreuvoir d'eau qu'elles ne
se privent pas de vider d'ailleurs. Camponotus a une particularité, elle posséde
une caste de major improprement appelés soldats: s'ils ont de grosses têtes avec de solides mandibules et
ressemblent beaucoup à la gyne, ils ont également de
grands gastres qui servent à
stocker la nourriture. Quand je dis "ils", c'est un abus de langage:
toutes les ouvrières sont
de sexe féminin chez les fourmis, que des fifilles. Et comme chez les abeilles (même famille d'insectes: les
hyménoptères), le rôle des mâles n'est pas très enviable: soit ils
meurent lors d'une étreinte amoureuse lors des essaimages ou sont implacablement
éliminés par leurs soeurs si par malheur ils tardent à rester au sein du nid.
Lieto fine