Cataglyphis velox: un vrai
régal d'observation mais pas qu'à cause de la taille des ouvrières,
c'est aussi dû au fait de
leur comportement ! Je ne sais pas ce qui fait dire à
Bernard dans son excellent
Les Fourmis D'Europe Occidentale
et Septentrionale que les
Cataglyphis sont un peu plus primitives que les
Formica (je ne sais pas quels sont ses critères, mais la comparaison démeure pertinente) mais à
titre personnel,
je les trouve plus intéressantes et de loin. Si les larves de bonne taille (j'en ai 3 pour l'instant) se débrouillent un peu seules (il y a des trophallaxies,
rassurez-vous)
le nourrissage des toutes petites larves est assez fascinant (c'est l'homo sapiens mammifère qui parle): l'ouvrière
prend la larve entre ses mandibules et c'est
ensuite cette dernière qui
à l'aide de sa tête très mobile va chercher les pièces buccales afin de bénéficier d'une trophallaxie;
on dirait une mère présentant son sein à un nouveau
né à charge pour lui de prendre le mamelon et de têter !!!! C'est assez
interloquant. Sinon, comme toute bonne
espèce méditerranéenne, elles se sont constitués
un bon
garde-manger à l'intérieur du nid, comme le font les
Crematogaster scutellaris avec leurs petites boulettes stockées près du couvain. C'est marrant
de constater que des espèces habituées à des température plus septentrionales (Formica, Lasius...) ne le font pas.
Une petite brochette pour la faim: par ordre d'apparition...les trois premières photos sont des "têtées", ensuite vient le tour d'une
trophallaxie avec une grosse larve, puis un petit toilettage intime (!!!) et au final un garde-manger bien rempli ou comment j'ai un peu poussé sur les mouches...
Je me méfie de toute
trace blanche qui apparaitrait entre le thorax et les pattes (
champignon ?). Avec les orages qui se sont produits sur Lyon ces derniers jours,
l'hygrométrie de l'air est montée à 60% (certes mon hygromètre n'est pas très fiable, appareil à aiguille de base, mais tout de même), je surveille donc quitte à chauffer la nuit aussi si besoin
était. Heureusement que mon nid est sec de chez sec.
PS: les photos sont
cliquables pour une meilleure vision d'horreur ;o)
Camponotus maculatus: la gyne m'a fait une
bombarde d'oeufs sans égal depuis que je possède
cette colonie. Elle
s'adapte facilement à toutes les conditions (
comprendre: la gyne
pond régulièrement par vague, une génération de
cocons commandant une nouvelle ponte, la colonie suivant scrupuleusement ce rythme) mais là, pour le coup, je m'interroge sur un tel comportement. En fait et pour tout dire, je cherche à
comprendre
quelles conditions produisent quels effets. Est-ce la soudaine
élévation de l'hygrométrie, genre
pluie abondante donc période d'
abondance alimentaire à
venir (pour rappel et situer, mes Camponotus maculatus sont égyptiennes) ? Et au final, quand on élève des espèces en captivité donc en dehors de leur milieu naturel, quelle est
la part
d'innée et d'acquis (d'adaptation aux conditions offertes) ?